Des visages sculptés pour garder une entrée.
Désormais sculpté pour orner un mur.
“ Une statue debout raconte une histoire au fil du temps. Un masque la raconte en un seul regard. C’est là tout l’intérêt de sculpter un visage de cette manière : il doit produire son effet dès que quelqu’un le voit. ”
— Putu Sucipta, propriétaire d'Arts of Bali
Les masques balinais sculptés sur bois occupent une partie distincte de la galerie, à l’écart des sculptures de danseurs debout et des figures mythologiques que la plupart des visiteurs s’attendent à voir en premier. Alors qu’une sculpture debout vous invite à en faire le tour, un masque vous invite à le regarder dans les yeux et à décider, presque instantanément, s’il vous protège ou s’il vous met en garde. Ce guide présente six masques originaux actuellement exposés chez Arts of Bali, ainsi que deux grands panneaux en relief, « Ganesha dans la forêt sacrée » et « La mélodie divine de Krishna », qui reprennent la même tradition de sculpture mais l’appliquent à un support mural plat. Si vous avez déjà lu notre guide plus général Guide de sculpture sur bois Abordant des figures debout telles que la danseuse Janger et le portrait de Sita et Rama, cet article reprend là où le précédent s'est arrêté.

Un masque balinais sculpté dans le bois Il s'agit d'un visage en bois sculpté à la main, dont les racines traditionnelles remontent au « topeng » (la tradition balinaise des masques utilisés dans les danses sacrées) et à l'imagerie des gardiens des temples, aujourd'hui fabriqué comme objet décoratif autonome destiné à être accroché au mur ou posé sur un socle. Les masques se répartissent généralement en deux catégories visuelles : les visages de gardiens féroces, aux crocs dénudés et aux yeux exorbités, associés à des esprits protecteurs tels que le Barong, et les visages sereins et posés, coiffés de couronnes rayonnantes élaborées, associés à des divinités raffinées et à des personnages nobles. Cette même tradition de sculpture produit également des panneaux en relief plat, des pièces de bois de plus grande taille sculptées en bas-relief à la manière d’une image plutôt que d’un visage autonome, représentant généralement des figures de la mythologie hindoue telles que Ganesha ou Krishna.
La tradition derrière le masque balinais sculpté dans le bois
« Topeng » est le terme balinais général désignant le masque ; il désigne autant une tradition scénique vivante qu’un objet. Dans le théâtre dansé Topeng, présenté lors des cérémonies dans les temples et des fêtes de village, les danseurs portent des masques en bois sculpté pour incarner des types de personnages spécifiques : des nobles raffinés qui se déplacent lentement et parlent peu, des serviteurs comiques qui assument l’essentiel des dialogues, et des figures féroces ou grotesques dont les masques recouvrent entièrement le visage avec des traits exagérés, souvent effrayants. Un sculpteur de masques expérimenté doit penser à la fois comme un costumier et comme un sculpteur, car le masque doit être clairement reconnaissable de loin, à la lueur des torches du temple ou à la lumière du jour, pour un public qui connaît déjà le personnage de vue avant même qu’un mot ne soit prononcé.
Par ailleurs, et de manière tout aussi ancrée dans la tradition, l’architecture balinaise place des visages de gardiens au-dessus des portes et des portails, sculptés directement dans la pierre ou le bois, destinés à intercepter quiconque s’approche et à repousser les esprits malfaisants avant qu’ils ne franchissent le seuil. Ces visages de gardiens partagent un langage visuel commun avec les masques de théâtre les plus spectaculaires : yeux écarquillés, dents découvertes, souvent une langue ou des défenses saillantes. Bon nombre des masques autonomes vendus aujourd’hui, y compris les pièces de cette collection, s’inspirent simultanément de ces deux traditions. Il ne s’agit ni d’accessoires de scène provenant d’un spectacle réel, ni de sculptures de portails de temples retirées d’un édifice. Ce sont des objets décoratifs spécialement conçus pour être exposés, sculptés par des artisans formés au même vocabulaire visuel que partagent ces deux traditions.
La sculpture de masques face à la sculpture de figures debout
Les exigences techniques de la sculpture de masques diffèrent de celles de la sculpture figurative abordée dans notre Guide de sculpture sur bois. Une figure debout, comme le danseur Janger ou le couple de Pengantin décrits ici, est sculptée en rond : l’arrière, les côtés et l’avant doivent tous résister à un examen minutieux. Un masque est sculpté pour être vu de face et légèrement de profil, l’arrière restant relativement sobre, ce qui permet au sculpteur de consacrer la quasi-totalité du volume du bois au visage lui-même. C’est en partie pour cette raison que la sculpture de masques permet d’obtenir une profondeur si saisissante au niveau des yeux, des sourcils et de la bouche : chaque parcelle de matière qui, autrement, aurait servi à sculpter le torse ou le socle d’une figure debout, est consacrée au visage.
“ On me demande souvent si ces masques sont utilisés lors de véritables représentations. Presque jamais, pas ceux-là en tout cas. Ils reprennent le même langage visuel que celui d’un masque de scène, mais sont plutôt destinés à être accrochés au mur chez quelqu’un. ”
— Putu Sucipta, Les arts de Bali
À la découverte des masques du Guardian : les visages de style Barong de la collection
Trois pièces de cette collection appartiennent à la catégorie des masques féroces et protecteurs que la plupart des gens imaginent lorsqu’ils entendent parler de “ masque balinais ”. Des yeux ronds et exorbités. Des dents découvertes dans un large sourire plutôt que dans un grognement, ce qui contribue à distinguer une figure gardienne d’un véritable monstre dans le langage visuel balinais : l’expression est perçue comme puissante plutôt que purement hostile. Des crinières sculptées, des couronnes à plumes ou des évasements en forme d’ailes s’étendent vers l’extérieur à partir du visage, multipliant sa taille visuelle bien au-delà des dimensions réelles du bois.
L’une des pièces de la collection pousse ce concept à l’extrême, avec des ailes entièrement sculptées qui s’étendent de part et d’autre du visage et une langue saillante, une combinaison de traits inspirés à la fois du Barong (l’esprit protecteur du lion au cœur de la danse du Barong) et de l’imagerie des gardiens ailés que l’on retrouve ailleurs dans les sculptures des temples balinais. Une autre pièce, de taille plus modeste, utilise une arête nasale sculptée en forme de défense et une couronne à plumes pour créer une présence tout aussi imposante, avec une silhouette plus compacte. Une troisième pièce présente une structure de couronne plus simple et plus géométrique, laissant le visage lui-même – avec ses yeux ronds, son nez plat et ses dents découvertes – porter l’essentiel du poids visuel.


Les masques raffinés : visages de divinités et de personnages nobles
À côté des masques de gardiens, la collection comprend également deux pièces d’un registre tout à fait différent : des visages sereins et symétriques, aux yeux fermés ou mi-clos, encadrés par de hautes couronnes finement sculptées qui s’élèvent bien au-dessus du visage lui-même plutôt que de s’étendre vers l’extérieur. Celles-ci appartiennent à la famille des personnages raffinés de la tradition des masques balinais : des figures nobles, des divinités, des personnages dont l’autorité découle de l’immobilité plutôt que de l’ostentation.
Le défi de la sculpture est ici presque l’inverse de celui des masques de gardiens. Il n’y a ni croc, ni œil exorbité, ni trait exagéré pour capter l’attention du spectateur. Tout repose sur les proportions : l’inclinaison exacte de la paupière, la largeur précise de la bouche, l’angle sous lequel la couronne repose au-dessus du front. Un sculpteur travaillant dans ce style dispose d’une marge d’erreur très réduite, car l’effet d’ensemble repose sur la subtilité plutôt que sur le spectaculaire. L’une des pièces de la collection arbore une couronne haute, rayonnante comme une flamme, avec des oreillettes fleuries ; une autre présente une couronne plus compacte, en forme d’ailes, qui s’incurve vers l’avant au-dessus des tempes. Toutes deux dégagent la même autorité discrète grâce à des structures de couronne différentes.


Masque balinais sculpté dans le bois : trois façons de le collectionner
Gardien et protecteur
Des visages féroces aux dents découvertes, aux yeux exorbités, ornés de couronnes ou d’ailes spectaculaires. Ces œuvres sont celles qui dégagent le plus d’énergie visuelle dans la collection et s’imposent comme objets centraux à part entière : dans une entrée, sur le palier d’un escalier, sur un mur qui gagne à être mis en valeur par un geste fort plutôt que par un ensemble. D'une taille d'environ 15 à 20 centimètres, elles se distinguent clairement même depuis l'autre bout de la pièce.
Raffiné et serein
Des divinités au visage serein et noble, aux yeux fermés ou baissés, coiffées de hautes couronnes finement sculptées. Ces pièces s’intègrent parfaitement dans des espaces apaisants, tels que les chambres, les coins lecture ou les salles de méditation, où un visage de gardien féroce serait totalement déplacé. Elles se marient également très bien entre elles lorsqu’elles sont regroupées en petit ensemble, car leur sérénité visuelle n’entre pas en concurrence avec celle des autres éléments, contrairement à ce que font souvent les masques de gardiens.
Format des panneaux en relief
Un format tout à fait différent : de grands panneaux plats sculptés en bas-relief, représentant des scènes mythologiques complètes plutôt qu’un simple visage. Les deux panneaux en bas-relief de cette collection, « Ganesha dans la forêt sacrée » et « La mélodie divine de Krishna », mesurent tous deux 50 sur 100 centimètres, ce qui en fait des œuvres murales de grande envergure à part entière plutôt que de simples objets décoratifs. Plus de détails ci-dessous.
Au-delà du masque : panneaux en relief sur bois chez Arts of Bali
Alors qu’un masque représente un seul visage, un panneau en relief représente une scène entière sur une surface plane en bois, s’apparentant davantage à un tableau sculpté qu’à un visage sculpté. Les deux panneaux actuellement disponibles chez Arts of Bali mesurent tous deux 50 sur 100 centimètres, ce qui les classe parmi les plus grandes pièces en bois sculpté de la galerie, et sont tous deux proposés au prix de 21 000 000 de roupies (soit environ 1 180 à 1 200 dollars américains au taux de change actuel, mais nous vous recommandons de vérifier le montant exact directement auprès de nous, car les taux fluctuent).
Ganesha dans la forêt sacrée
Ganesha, le fils à tête d’éléphant de Shiva et Parvati dans la mythologie hindoue, est vénéré dans la forme particulière de l’hindouisme pratiquée à Bali sous le nom de Vighnaharta, celui qui élimine les obstacles, et en tant que protecteur de l’intellect, du savoir et des arts. Ce panneau place Ganesha au cœur d’un décor forestier richement sculpté : un feuillage en couches rappelant celui du pin et des branches fleuries occupent la partie supérieure du panneau, tandis que Ganesha lui-même se tient en contrebas, tenant des objets cérémoniels, rendus avec la même densité de détails ornementaux (couronne, bijoux, écharpe) que l’on retrouve dans les plus belles sculptures figuratives de la galerie. C’est ce cadre forestier qui distingue cette œuvre d’une simple figure isolée de Ganesha : la divinité est représentée au sein d’un décor, et non isolée sur un fond uni, ce qui confère au panneau une impression d’espace qu’une figure sculptée seule ne saurait créer.
Cet article est disponible directement dans notre boutique : Ganesha dans la forêt sacrée, panneau en bois en relief.
La mélodie divine de Krishna
Le deuxième panneau représente Krishna, un avatar de Vishnu, jouant de la flûte tandis qu’un serpent à plusieurs têtes s’élève en éventail derrière lui. Les sculptures de ce type s'inspirent généralement de l'histoire de Krishna et de Kaliya, le roi des serpents dont la présence avait empoisonné un tronçon de la Yamuna : dans la version la plus connue du récit, Krishna danse sur les nombreuses têtes du serpent, maîtrisant Kaliya par la danse elle-même plutôt que par la force, et rétablissant ainsi la pureté de la rivière. Que ce panneau ait ou non été sculpté en pensant précisément à cet épisode, les éléments visuels – la flûte, l’expression sereine, l’éventail de têtes de cobra – le situent clairement dans ce courant de l’iconographie de Krishna. Les écailles du serpent et la canopée forestière environnante sont sculptées avec la même densité et la même précision que celles du panneau représentant Ganesha, et ces deux pièces sont destinées à être considérées comme un ensemble.
Cet article est disponible directement dans notre boutique : La mélodie divine de Krishna, panneau sculpté sur bois.

Le Metropolitan Museum of Art Collection d'art asiatique présente de nombreuses représentations historiques de Ganesha et de Krishna issues de la sculpture d'Asie du Sud et du Sud-Est, ce qui offre un contexte utile pour comprendre à quel point ces deux figures sont omniprésentes dans la tradition visuelle hindoue, bien au-delà de Bali.

Choisir entre un masque, un bas-relief et une statue
Avec trois formats distincts de sculptures sur bois désormais disponibles dans la galerie, le choix se résume généralement à la taille et au rôle que l'œuvre doit jouer dans une pièce.
Un masque de 15 à 20 centimètres sert d’élément de mise en valeur : un geste unique et marqué sur un mur déjà orné d’autres éléments, ou regroupé par deux ou par trois le long d’une cage d’escalier ou d’un couloir. Un panneau en relief de 50 sur 100 centimètres représente un engagement d’un tout autre ordre : il fait office d’élément visuel dominant du mur qu’il occupe, s’apparentant davantage à l’utilisation d’un grand tableau qu’à celle d’un petit objet décoratif. Des figures debout, recouvertes de notre Guide de sculpture sur bois, se situent à mi-chemin entre les deux en termes d'impact visuel, mais occupent davantage l'espace au sol ou sur une étagère que sur un mur, ce qui en fait le choix idéal lorsque la pièce nécessite une présence en trois dimensions plutôt qu'une présence à plat.
Pour la plupart des collectionneurs qui aménagent une seule pièce, un panneau en relief servant de pièce maîtresse, accompagné de deux ou trois masques plus petits disposés ailleurs dans le même espace, permet de créer une impression cohérente de la même tradition sculpturale déclinée à différentes échelles, sans que chaque pièce ne se dispute la même place sur le mur.
Entretien et expédition des masques et panneaux sculptés dans le bois
Les masques et les panneaux en relief sont tous deux en bois dur brut ou légèrement traité, le même matériau que celui abordé dans notre guide de sculpture sur bois. Évitez d'exposer ces pièces à la lumière directe du soleil et au flux d'air constant de la climatisation, car ces deux facteurs assèchent la surface de manière inégale au fil du temps. Une légère application d'huile naturelle une fois par an, suivie d'un polissage à l'aide d'un chiffon doux, permet de préserver la teinte du bois.
Les masques de petite taille s'expédient facilement dans des cartons rembourrés, car leurs dimensions réduites permettent de limiter à la fois les coûts et les risques. Les grands panneaux en relief, compte tenu de leurs dimensions et de la profondeur de leur sculpture, sont expédiés dans des caisses en bois fabriquées sur mesure plutôt que roulés ou emballés sans protection particulière, selon la même approche que celle utilisée pour toute pièce sculpturale ou en bois texturé. Notre Guide pour l'expédition d'œuvres d'art depuis Bali aborde en détail la mise en caisse, les options d'expédition et les formalités douanières, y compris les consignes de biosécurité qui s'appliquent spécifiquement aux articles en bois entrant en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis.
Acheter ou commander un masque ou un panneau sculpté sur bois
Les deux panneaux en relief décrits dans cet article, Ganesha dans la forêt sacrée et La mélodie divine de Krishna, sont disponibles directement dans notre boutique. En ce qui concerne les masques, c’est via WhatsApp que l’on peut obtenir le plus rapidement des informations sur la disponibilité et les prix, car les articles de cette gamme de tailles partent très vite. Masques et panneaux sur mesure commissions sont également acceptées.
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